Des concerts, des festivals, du sport, des jeux... Les Américains dépensent sans compter et de plus en plus dans les loisirs (la "funflation" va-t-elle emporter la France?)
L'inflation du secteur des loisirs aux États-Unis s'élevait à 2,7% en août, sur un an. Dans le même temps, les achats des Américains dans cette catégorie progressaient de près de 8%. Bank of America y voit une conséquenc
Des activités de plein air, aux jeux vidéo en passant par la pratique d’instrument de musique… Au pays de l'entertainment, les Américains dépensent sans compter pour se divertir. Selon un rapport de Bank of America relayé par CNBC, les achats des consommateurs liés aux loisirs ne cessent en effet de progresser outre-Atlantique alors même que les prix s’emballent eux aussi. C’est ce que l’on appelle la "funflation", ou l’augmentation continue de l’inflation liée aux loisirs "que l’on observe à tous les niveaux, du prix de l’essence pour les voitures utilisées le week-end aux glaces achetés en vacances", détaille auprès de CNBC John Gathergood, professeur d’économie à l’université de Nottingham au Royaume-Uni.
Cette expression a été popularisée après la crise du Covid, lorsque les consommateurs libérés des contraintes des confinements étaient prêts à dépenser des sommes folles pour se faire plaisir en assistant notamment aux concerts de stars internationales, comme Taylor Swift. Ce qui a mécaniquement fait augmenter les prix des billets. Une inflation qui ne rebute pas les consommateurs Et cela semble être toujours le cas pour l’ensemble des loisirs aux États-Unis.
Toujours selon Bank of America, l’inflation du secteur (qui regroupe entre autres le cinéma, la musique, les services liés aux animaux de compagnie, les articles de sport, ou encore la littérature) a atteint 2,7% sur un an en août. Or dans le même temps, les dépenses des Américains pour ces mêmes activités ont bondi de 7,9%, d’après les données de cartes bancaires. Celles des magasins d’articles de sport, d’instruments de musique et de livres ont même progressé de 10,7%.
À titre de comparaison, les ventes totales du commerce de détail et de la restauration outre-Atlantique ont augmenté de 6% au même moment et celles de l’ensemble des transactions par cartes de 3,4%. Le phénomène surprend d’autant plus qu’il s’était estompé ces dernières années. Après la période post-Covid, vers 2023, les dépenses totales des Américains avaient accéléré plus vite que celles liées aux loisirs.
Moins de voyages, plus de loisirs à domicile Pour Bank of America, ce nouveau retournement pourrait paradoxalement s’expliquer par le regain de l’inflation générale aux États-Unis et en particulier de la flambée des prix des carburants et du kérosène. Laquelle inciterait les consommateurs à limiter leurs déplacements depuis le début de la guerre au Moyen-Orient: "D’après nous, il est probable que les gens aient dépensé sans compter pour leurs loisirs pendant la période de distanciation sociale liée à la pandémie, avant de se tourner à nouveau vers des alternatives plus coûteuses comme les voyages tout au long de 2022 et 2023", écrit Bank of America. Mais depuis "il y a peut-être eu un retour vers des loisirs moins onéreux, (…) la croissance des salaires après impôts ayant considérablement ralenti", a écrit l’Institut de Bank of America, sachant par ailleurs que les prix des billets d’avion aux États-Unis se sont envolés de plus de 26% sur un an en août.
